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Un appel à l'aide

  • 23 mars
  • 6 min de lecture

Dernière mise à jour : 25 mars

Témoignage d'une maman déplacée au sud du Liban




Nous avons tout laissé derrière nous. Tout s'est passé très vite. Un message urgent est arrivé dans notre village du Sud : il fallait partir immédiatement. L'armée israélienne allait bombarder la zone. La peur s'est installée dans tout le village. Tout le monde courait, criait, appelait ses enfants.

Voici le témoignage bouleversant d'une maman déplacée du Sud du Liban, avec sa famille, suite aux récents bombardements de l'Etat hébreu sur Beyrouth. Aujourd'hui, Les familles démunies et affaiblies se retrouvent dans une situation de très grande précarité ! Et l'association Libami originaire de Cholet (49) vient en aide à ces familles dans le besoin.



Un départ en catastrophe !


Nous sommes une famille de cinq : mon mari, moi, notre bébé de 9 mois, notre petite fille de 3 ans et notre fils de 6 ans. Dans le même immeuble vivent aussi mes beaux-parents : mon beau-père atteint d’un cancer et ma belle-mère diabétique, avec leurs enfants adultes. En quelques minutes seulement, nous avons dû abandonner toute notre vie : notre maison, nos souvenirs, les jouets de nos enfants, les photos de famille. Tout est resté derrière nous.


Je n’ai même pas eu le temps de prendre le lait pour mon bébé. Pas une seule couche. Même pas les médicaments dont mes beaux-parents ont besoin pour survivre. Nous sommes partis avec les vêtements que nous avions sur nous. Dans la panique, j’ai seulement réussi à prendre deux couvertures et à mettre les anoraks sur les épaules de mes enfants avant de sortir. Nous ne savions pas où aller. Nous ne savions pas où nous serions en sécurité. Nous avons pris les deux voitures disponibles : celle de mon beau-frère, que mon mari conduisait, et l’autre voiture de la famille, puis nous avons quitté notre village vers l’inconnu. Mais la route elle-même était un cauchemar. Tout au long du chemin, l’odeur des bombardements remplissait l’air. Nous traversions des routes couvertes de poussière et de débris. Autour de nous, des immeubles détruits, effondrés sur la terre, des maisons ouvertes comme si elles avaient été déchirées. Des ruelles entières étaient bombardées. Partout, des traces de destruction. Et dans le ciel, le bruit des frappes aériennes résonnait sans arrêt. Chaque explosion faisait sursauter mes enfants. Ils se serraient contre moi, terrifiés. Je regardais leurs visages et je me demandais :comment des enfants peuvent-ils oublier un jour ce qu’ils ont vu sur cette route ? Le bruit des bombardements, les immeubles détruits, les rues dévastées… Ce sont des images qui resteront gravées dans leurs mémoires pour toujours.



Les deux nuits les plus dures de notre vie

 Deux nuits dans la voiture


Les deux nuits suivantes ont été les plus dures de notre vie. Nous avons dormi dans les voitures, coincés dans de longs embouteillages. Les enfants avaient froid. Ils avaient faim. Ils pleuraient. Je les serrais contre moi sous les couvertures en essayant de les réchauffer. À un moment, nous avons réussi à acheter une bouteille d’eau et du pain. Ma petite fille pleurait sans arrêt. Son corps était brûlant, comme si elle avait de la fièvre. Je mouillais le pain avec un peu d’eau pour essayer de le ramollir et lui donner quelque chose à manger. C’était tout ce que je pouvais faire pour calmer sa faim. Pendant ce temps, mes beaux-parents souffraient en silence, sans leurs médicaments. Nous étions perdus.


 Entassés dans une seule chambre


Finalement, le frère de mon mari a réussi à contacter un ami qui habite à Nabaa. Cette famille vit déjà dans une grande pauvreté : un père, une mère et leurs quatre enfants dans une seule petite chambre. Malgré leur propre misère, ils nous ont accueillis les bras ouverts et ont essayé de nous rassurer. Ils nous ont expliqué que le lendemain matin, nous pourrions nous rendre avec eux à l’association Libami, qui les aide déjà, et qu’ils étaient sûrs que Libami ferait tout son possible pour nous soutenir aussi. À ce moment-là, pour la première fois depuis notre fuite, nous avons senti qu’une petite lueur d’espoir s’ouvrait devant nous.


« Maman… est-ce que notre maison existe encore ? »


 L'impuissance d'une mère


Ce soir-là, nous nous sommes tous entassés dans cette petite chambre. Il n’y avait presque pas de place pour dormir. Les enfants étaient épuisés. La famille qui nous accueillait a partagé avec nous le peu de nourriture qu’elle avait. Nous avons laissé les enfants manger, et nous, les adultes, avons fait semblant de ne pas avoir faim. Je regardais mes enfants et mon coeur se brisait, parce que je ne pouvais même pas changer leurs vêtements. Ils portaient toujours les mêmes habits depuis le jour où nous avions fui. J’ai lavé leurs visages avec un peu d’eau en essayant de sourire… mais au fond de moi je pleurais en silence. Un moment, mon fils m’a regardée et m’a demandé :  « Maman… est-ce que notre maison existe encore ? » Je n’ai pas su quoi lui répondre. Ma petite fille demandait son lit, ses jouets, sa chambre… mais tout était resté derrière nous. Cette nuit-là, mon bébé a beaucoup pleuré. Je l’ai serré contre moi sous la couverture pour essayer de le calmer. Et je me sentais brisée, parce que je ne pouvais pas lui offrir la sécurité qu’un bébé mérite.

 

Malgré leur propre pauvreté, ils nous ont accueillis avec une grande générosité et ont partagé avec nous le peu qu’ils avaient.

 Une lueur d'espoir : Libami


Le lendemain matin, nous avons appelé l’association Libami pour leur expliquer notre situation. Très vite, une assistante sociale de l’association est venue nous rendre visite afin de voir par elle-même dans quelles conditions nous vivions. La famille qui nous avait accueillis est elle-même suivie par Libami et vit dans une grande pauvreté. Leur maison est extrêmement petite et très sombre. Une seule pièce sert à la fois de salon, de salle à manger et de chambre à coucher pour toute la famille. Les matelas sont posés les uns contre les autres et, la nuit, chacun essaie de trouver un petit espace pour s’allonger. La salle de bain est minuscule. La douche et la toilette sont simplement séparées par un rideau, sans porte, dans un espace très étroit où il est difficile même de se tenir debout. La cuisine n’est qu’une petite kitchenette, avec un réchaud à un seul feu. Il est presque impossible d’y préparer un repas pour autant de personnes. Les murs sont sombres et humides, couverts de traces de moisissure. L’air est lourd, et l’humidité se ressent partout. La maison est insalubre, mais cette famille n’a pas d’autre endroit où vivre. Malgré leur propre pauvreté, ils nous ont accueillis avec une grande générosité et ont partagé avec nous le peu qu’ils avaient. 




Lorsque l’assistante sociale de Libami a vu dans quelles conditions nous étions tous entassés dans ce petit espace, elle a compris immédiatement l’urgence de la situation. Elle nous a alors invités à nous rendre avec elle à l’association afin que l’équipe puisse trouver une solution pour nous aider. À l’association Libami, nous avons été accueillis avec beaucoup d’attention par l’équipe de travail et par la présidente. Ils ont pris le temps d’écouter notre histoire et de comprendre ce que nous avions vécu. Très vite, ils ont décidé de nous soutenir. Ils ont organisé pour notre famille la distribution quotidienne de plats chauds, afin que les enfants et les personnes âgées puissent au moins manger un vrai repas chaque jour. Ils nous ont également donné de la nourriture, des couches pour notre bébé, des médicaments, des matelas pour que les enfants puissent dormir, des coussins et des couvertures. Libami nous a aussi donné une aide financière pour acheter les médicaments indispensables pour mes beaux-parents malades et pour pouvoir acheter des vêtements de rechange pour nos enfants, qui portaient les mêmes habits depuis le jour où nous avions fui. Dans ce moment où nous avions tout perdu, Libami ne nous a pas seulement aidés matériellement : ils nous ont rendu un peu de dignité et d’espoir.


Ce qui fait le plus mal, c'est de voir nos enfants perdre leur enfance.


Aujourd’hui, nous ne savons pas si nous reverrons un jour notre maison. Mais une chose est sûre : aujourd’hui, nous n’avons plus de maison… mais grâce à Libami, nous avons encore de l’espoir pour nos enfants. Car ce que nous avons perdu est immense… mais ce qui nous fait le plus mal, c’est de voir nos enfants perdre leur enfance. 


Lettre reçue par l'association Libami, le 22 mars 2026 et traduite de l'arabe par une assistante sociale Libami


Vous souhaitez faire un don pour l'association LIBAMI,

La fondation Natan se porte garant du sérieux du transfert de tous les dons qui partent de Libami Cholet vers Libami Beyrouth, via un compte bancaire sécurisé sur place.




Ses missions


  Éduquer  

Chaque année, près de 130 enfants sont pris en charge et scolarisés au sein de l'école.

 

  Nourrir  

Des centaines d’enfants peuvent bénéficier via l'association de repas variés au quotidien.

 

  Protéger  

Un local est destiné aux trois assistantes sociales afin d’apporter :

  • une aide aux familles visitées une fois par mois,Une aide scolaire et médicale aux enfants

  • une aide à la réinsertion dans la communauté libanaise.




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